... et encore je suis gentil.

 

J'ai envie de parler de cette ville dans laquelle j'ai vécu et dont je vis toujours -malheureusement. Je ne vais pas donner son nom mais juste dire qu'il s'agit d'une des villes nouvelles qui, par la suite, s'est regroupée avec d'autres villes pour former une agglomération -entre nous, heureusement pour elle, car son nom à elle toute seule évoque tout le stéréotype de la banlieue parisienne.

Non, je suis méchant. J'avoue, c'est une jolie ville, avec un joli bois où j'aime bien me promener, un joli étang où j'aime bien aussi marcher. Il y a des quartiers sympas, avec des gens sympas, comme ceux qui sont proches des maraîchers.

Cette ville, que je vais appeler Poux, parce qu'il n'y a que des poux... non je suis encore méchant. Il n'y a pas que des poux, il y a des cafards aussi... . Bon, à Poux, il y a six zones. Dans ces six zones, il y a des disparités, des ressemblances. Poux est une ville qui s'étend du nord-ouest au sud-est.

 

 

J'ai été dans un collège de la zone 1. Alors, ce qui est drôle, c'est qu'on dit exagérément que Montreuil est la première ville en terme de population malienne dans le monde. Mais qu'en est-il de Poux et de sa zone 1 ? En sortant de la gare de la zone 1, on se demande si on est encore en France. En soi, ce n'est pas un problème. Mais cela en devient un lorsque le(s) rejetton(s) de certains habitants est/sont des délinquants en devenir.

(Avant que je continue, oui, je suis raciste, je l'assume. J'assume le fait que je juge les gens en fonction des races. J'assume le fait que quand une certaine personne d'une certaine communauté fout le bordel, et bien cela ne va pas m'étonner et ça s'arrête là. C'est triste, c'est désespérant, mais c'est le bilan que j'en tire de mes expériences personnelles -et je ne regarde pas la télé ;). On peut me traiter de fachos -terme vulgarisé...- me censurer, mais on ne pourra pas retirer ma façon de pensée. Lorsqu'un jour, je rencontrerais personnellement un mec d'une certaine communauté être bien élevé, bien éduqué, là je me remettrais en cause et je reconsidèrerai ma façon de pensée. Or ce n'est pas le cas).

Donc le fameux collège où j'ai passé quatre ans de ma vie, c'était... l'enfer. Il y avait une certaine discrimination envers certaines communautés. Oui, être occidentalisé ou occidental était mal vu. Le seul moyen de s'en sortir était de se comporter comme eux : "oui nous les [noms de communautés] on est les meilleurs, on doit écraser les [noms de communautés]". Mes propos sont clichés, stéréotypés mais c'était la réalité quand j'ai grandi. Les gens se moquaient de moi parce que j'écoutais du rock ou du métal alors que eux tous écoutaient du rap et du rnb. Je me souviens un cours d'éducation civique ou un prof demandait aux élèves leurs religions. Ceux qui levaient la main et disaient [nom d'une certaine religion] étaient félicités. Et ceux qui disaient [nom d'autres religions] ils étaient conspués par les autres élèves.

Hors du collège, c'est à peu près la même chose. Il y a des "caïds" de quartiers, on ne sait même pas comment ils ont fait pour avoir ce rôle. Je me souviens d'un mec dans un quartier, tout le monde avait peur de lui. Il avait même un petit frère qui s'amusait à cracher ou à insulter les passants de la fenêtre de leur appartement.Vive l'éducation... . Et puis dans ces quartiers, les gens mettaient le volume de leur télé très fort avec la fenêtre ouverte.

Voilà l'environnement dans lequel j'ai passé ma pré-adolescence. Charmant non ?

 

Est-ce pareil dans les autres zones ? Prenons la zone 2 au nord-ouest de la zone 1. Des fois, il m'arrivait de jouer au football avec des jeunes de ces quartiers. Une fois j'entendais sans cesse "ouais les [nom d'une couleur de peau] ils sont ceci, ils sont cela". Et puis un moment donné, je leur dis "oui mais ils ne sont pas comme ça". Certains m'ont répondu en grippe et en disant "ouais pourquoi tu les défends ?". 

Autre exemple, une conversation intéressante avec une fille que je connaissais venant d'un collège de la zone 2. Elle change de lycée pour éviter de redoubler, et va dans un établissement dans une autre ville, disons plus occidentalisée. Elle m'a parlé de ce changement d'environnement et elle me sortait des propos très choquants "oui c'est un lycée de [nom d'une couleur de peau]", "moi j'ai été habitué d'être dans un lycée où les [nom d'une couleur de peau] fermaient leur gueule et où on les dominait", "dans ce lycée ce sont les [nom d'une couleur de peau] qui dominent et les autres ferment leur gueule". 

Donc voilà comment est la zone 2. Il n'y a que le cinéma à bas prix qui est intéressant.

 

Prenons une autre zone adjacente, la zone 3 au sud-est de la zone 1. J'avoue, je ne connais que de réputations. J'y allais seulement lorsque j'avais une personne à voir. Mais vu la réputation, je dirais que c'est le même environnement. Je n'en dis pas plus, parce que je ne connais pas assez bien pour me permettre de juger.

 

Changement de décors, avec la zone 4, qui est le village, la zone historique de la ville. Là, vivent essentiellement des personnes âgées en retraite ou des personnes assez aisées. En plus du village, il y a un port de plaisance. Il y a beaucoup de maisons. Là ceux qui y vivent sont très fortunés. Alors, bien sûr, les habitants de cette partie de Poux ne dégradent pas les bâtiments ou autre. Non, à première vue ils sont respectables. Mais en réalité ce sont des personnes qui ont été finis à la pisse, pardonnez-moi, je n'arrive pas à trouver une expression plus élégante et moins vulgaire pour les caractériser. Ce sont des personnes qui ne savent pas éduquer leurs progénitures outre grâce à l'argent et à faciliter. Leurs parents leur enseignent qu'ils auront tout dans la vie, que tout leur sera servi sur un plateau d'argent. Du coup quand les enfants demandaient quelques choses, plus ils obtennaient parce que leurs parents ne savent pas dire "non". Alors quand les enfants grandissent et découvrent la réalité des choses, et bien ils chouinent : ils râlent parce qu'ils partent du principe que quand ils veulent quelques choses, ils les obtiennent sans effort. Et ils deviennent des enfants gâtés et même adultes.

Mais ça, c'est plus des gens qui habitent au port. Au village, c'est une mentalité presque similaire. Les parents transmettent leur arrogance à leurs enfants. Ils ne jurent que par des études d'ingénieurs, que les autres études ne valent rien. Ils dénigrent la culture pour un savoir matériel et logistique. Et surtout, ils pensent qu'ils sont les rois du monde parce qu'ils sont chef d'entreprise dans le département. Alors ces gens là ont crée un pseudo élistisme, voilà ils se prennent pour des élites de la nation. Et le pire c'est que leurs enfants y croient. Du coup quand ils grandissent, ils se croient bien mieux lôti que des personnes sortant de l'ENA ou pire, ils se croient supérieur à des gens de Harvard, Princeton, Todaï, Oxford etc. On devrait leur dire que réussir dans un département plutôt connu pour ses problèmes de banlieue c'est très facile et ce n'est en rien glorieux. Surtout que la plupart sont chef d'entreprise en ayant un bac+5... mais attention, pas avec l'ENS, mais avec de vulgaires IUT qui proposent des master d'ingénieurs. Vu que les étudiants de ces master passent leur temps à faire des barbecues et des apéros, c'est plutôt un bac+5 donné.

Se croire maître du monde, parce qu'on a un bac+5 facile, ou parce qu'on est le "raoul" du quartier, c'est une similitude à Poux.

 

Et puis, un peu plus au sud-est, il y a la zone 5, qui est le centre-ville, avec une gare, un centre commercial, une université, des bâtiments d'entreprises etc. Il faut distinguer deux types de populations de notre département. Les personnes intelligentes -et qui sentent bon- et les personnes assez limitées. Comme Poux est une préfecture, les personnes de la deuxième catégorie vont y faire leurs études ou travailler. Parce que oui, les personnes vivantes dans la zone 4 font de la publicité pour la ville de Poux en prônant le mérite et la déconnade. Oui, pour eux, quand on a un bac +5 en passant leurs années d'études au pub, c'est du mérite. Merci la mauvaise éducation :). Bien sûr, pour les personnes limitées du département, ce principe est un rêve, un idéal. C'est pourquoi ils vont étudier ou travailler dans la zone 5 de Poux.

Ils sont quand même forts ces gens du village et du port, parce que non seulement ils arrivent à attirer la population du département mais en plus en plus ceux des autres. Bon, ça reste des personnes assez eunuques en capacité mentale mais cela reste déjà bien.

L'exemple le plus grand flagrant reste l'université de cette ville. Elle existe seulement depuis le début des années 1990, et les enseignants, les étudiants, l'administration de cette université, se prennent pour les meilleurs. Ces gens là passent leur temps dans des pub, dans des bars, se prétendre mieux connaître qu'un vrai élite de la nation. J'avoue que j'exagère un peu quand je dis que certaines personnes ont un bac+5 en faisant des apéros. Non, effectivement certains, et je dis bien certains, ont un bac+5... grâce aux pistons. Mais là, ce n'est pas du piston genre "je travaille bien donc je me fais recommander" c'est du genre "je piccole bien, je déconne bien, et même si je suis une merde dans ce domaine, je me fais pistonner". Ah, le mérite... une notion dépourvue dans le vocabulaire, ou alors révisée. Et dans cette université, ils ont de tout, des gens venant des quatres coins du département et même venant d'un autre département voisin. Par contre, c'est étonnant, il n'y a pas de personnes intelligentes qui viennent dans cette université.

C'était pareil pour le lycée de cette zone 5, mais à petite échelle. Il attirait toutes les personnes gaga de l'agglomération.

 

Enfin, il y a la zone 6, celle où j'habite, celle qui se situe proche du bois et des maraîchers. Alors, il y a des gens respectables qui y vivent. Des gens qui veulent vivre tranquillement leur vie. Ils sont vraiment à la limite de la ville de Poux. Après il y a des quartiers, du type de la zone 1-2-3. Je mettrais juste une anecdote. Un jour, je marchais, j'étais souriant, j'étais heureux, et là il y a un groupe de délinquants qui me voient heureux, et soudainement, ils se mettent à m'insulter, évidemment sur mes origines. Et à chaque fois qu'ils me voient, c'est la même chose. Du coup je fuis certains endroits de mon propre quartier. Et évidemment ce groupe de délinquants, ils proviennent d'une certaine communauté. Mais bon, il ne faut pas dire ça car sinon c'est eux les victimes.

 

Voilà la géographie sociale de la ville de Poux. Depuis que j'ai quitté l'université de cette ville pour aller dans une meilleure université, plus renommé, mais aussi plus difficile et avec plus d'obstacles, je me sens mieux. Mais il faut que je quitte définitivement cette ville. Poux est une ville avec une ambiance malsaine. Il y a des gens qui vous marchent sur les pieds et qui ne disent pas pardon. Des gens qui ont des gosses qui vous bousculent et qui ne s'excusent pas. A Paris, ville de civilisés, les gens passent devant vous en vous coupant le chemin, mais au moins ils s'excusent. Une fois, j'étais assis sur un banc dans un parc, et il y a un individu qui me demandait si mon portable n'était pas tombé parce qu'il y avait un portable par terre. Voilà la bonne éducation, voilà la bonne mentalité. Bien sûr on ne trouve pas ça à Poux. Les gens vous méprisent parce que vous n'êtes pas comme eux, ou parce que vous méritez "trop" votre réussite.

Il y a trop de tabou, on pense qu'on exagère quand on parle des problèmes de banlieue. Pourtant, il n'y a rien d'exagéré... . La différence entre une ville comme Paris ou plus petite de la proche banlieue et Poux est flagrante. Même les politiciens ont compris, ne serait-ce qu'en plaçant trois trains sur quatre sur la ligne du RER pour une autre branche.